samedi 20 octobre, 2018

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Forum Politique pour le Développement: l’Afrique à l’épreuve des ODD

Forum Politique pour le Développement: l’Afrique à l’épreuve des ODD

Les 3 et 4 octobre 2016, Dakar la capitale sénégalaise, accueillait le Forum Politique pour le Développement (FPD), organisé par les Citées et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique), en partenariat avec l’Alternative Learning Opportunities Programs (ALOP), et l’Union Européenne.

Les difficultés auxquelles se heurte le continent africain dans sa course au développement ont été au cœur des débats.

En effet, les instruments de coopération utilisés actuellement aux niveaux continental, régional, sous-régional et national, s’avèrent incapables à ce jour, de mettre en œuvre des solutions pour résoudre les difficultés de l’Afrique et répondre à ses besoins. Par ailleurs, la capacité des africains à soutenir la mise en place de nouveaux mécanismes susceptibles de mieux contribuer au développement réel est sérieusement remise en question. Car les nouveaux objectifs mondiaux en matière de développement exigent de mettre l’accent sur le développement plutôt que sur l’aide et d’instaurer des mécanismes plus efficaces pour encourager le développement durable.

La pauvreté, le manque d’infrastructures, les difficultés d’adaptation au changement climatique, la protection des droits de l’homme, le chômage (même pour les jeunes instruits), l’exclusion sociale et économique, l’égalité des sexes et la sécurité alimentaire, sont autant de domaines qui nécessitent une attention particulière dans de nombreux pays africains, pour offrir à chacun l’opportunité de bénéficier du développement. Ce combat, est en principe celui des Organisations de la Société Civile (OSC) et des Autorités Locales (AL), qui malheureusement ne pèsent pas suffisamment lourd pour faire pencher la balance et atteindre les personnes les plus marginalisées, ceci, en dépit de leur participation croissante aux forums régionaux organisés en Afrique. En outre, il existe encore un décalage important entre les engagements politiques et leur mise en œuvre effective par les dirigeants qui pourtant adhèrent totalement à l’Agenda 2030 et à la vision 2063 de l’Union Africaine.

Recommandations diverses

Pour relever le défit des ODD et pallier les insuffisances énoncées, les participants militent pour une meilleure représentation des Organisations de la Société Civile (OSC), des autorités locales (AL) et du Secteur Privé (SP) dans les forums régionaux organisés en Afrique, afin de garantir des règles du jeu équitables, conformes au principe selon lequel « personne ne doit être laissé de côté » et axer les programmes de développement sur des aspects clés pour atteindre cet objectif.

Pour y parvenir, les parties prenantes doivent se mobiliser et veiller à ce que les gouvernements et les partenaires, respectent leurs engagements et mettent en place des mécanismes institutionnels et juridiques, ainsi que des fonds et des programmes, pour faire de la mise en œuvre des ODD une réalité. La Formation de coalitions pour veiller à ce que tous les acteurs du développement aient un rôle complémentaire à jouer dans la réalisation des objectifs de développement grâce à leurs propres capacités et expérience devraient étendre l’action des OSC et AL.

Les forumistes recommandent par ailleurs que les gouvernements se focalisent sur les nombreux engagements déjà pris et les traduisent en actions, plutôt que d’en prendre de nouveaux. Le vrai défi à ce jour, est le renforcement des capacités des pays africains par la mise à disposition de fonds ciblant les problèmes de capacité, qui sont en lien avec les plans nationaux qui font de l’éradication de la pauvreté une priorité.

La décentralisation n’étant pas encore effective dans de nombreuses régions du continent, les participants plaident pour la promotion d’une approche territoriale et inclusive des ODD, qui soit adaptée aux différents contextes et besoins, et encourager ainsi un transfert plus efficace de ressources, de capacités et d’investissements.

Sur la question de la migration qui est le résultat de facteurs tels que l’insécurité croissante, la récession démocratique et la hausse des inégalités sociales observées dans différentes parties du continent, les participants constatent qu’en dépit des progrès récents en matière de démocratie et de transition pacifique observés dans de nombreux pays africains, il subsiste un manque d’intervention de la part des gouvernements en ce qui concerne les mouvements de population. L’intensification du débat actuel, la coopération en matière de migration et le questionnement à la fois sur les causes profondes de la migration et ses conséquences en vue de trouver les solutions idoines sont de ce fait un autre challenge pour le continent.